26.02.2008
Que cabron, just an asshole ! (2)
Milton continue sa rétrospective des dérapages verbaux les plus célèbres des politiques. Après la France, place dans le premier charter et direction l'étranger.
Un vol rapide au dessus des Pyrénnées et nous voici en Espagne. Juan Carlos, roi d'Espagne, a perdu son sang bleu froid quand le Grand Hugo Chavez (non par la taille...) s'en est pris à Jose-Maria Aznar, le traitant de "fasciste". Le descendant direct de Louis XIV lui a alors lancé un vibrant "¿Por qué no te callas?". Loin de faire taire l'ancien militaire, a répliqué "Celui qui a perdu la face, c'est celui qui n'a pas pu se contrôler, qui nous a dit de la boucler, comme si nous étions toujours des sujets comme au XVIIe ou au XVIIIe siècle".
Les méditerranéens ont décidèment le sang chaud. L'Italie a connu également son lot de dérapages et autres insultes de ses dirigeants politiques. Le gourou des médias Silvio Berlusconi remporte la palme. En 2006, en pleine campagne parlementaire, après s'être affronté à Il Professore Romano Prodi lors du traditionnel débat, le leader de Forza Italia renoue avec les principes de la commedia del arte. Lors d'un discours face à la Confédération des commerçants, il lâche « Je nourris trop d'estime envers les Italiens pour croire qu'il y ait autant de couillons qui soient prêts à voter contre leur intérêt ». Cette virulence se retournera contre lui. Des milliers de manifestants de gauche se rassemblent quelques heures plus tard dans les rues de Rome avec des T-shirt estampillés du slogan: « Je suis un couillon ». Les urnes lui donneront tord, les Italiens envoyant la coalition de gauche au pouvoir.
Sarko a t-il pris exemple sur le buveur de vodka Lech Kaczynski ? En 2002, il se fait apostropher par un passant dans la rue de Varsovie qui accuse les politiques de "fuir les problèmes comme des rats". Ni une ni deux, l'ultra conservateur polonais le traite de "Spieprzaj dziadu", à peu près l'exacte traduction du "Casse toi pauvre con".
Nouvelle migration de Milton, direction les States tant admirés par notre président. Au pays du "bling-bling", le politiquement correct fut longtemps la règle. Les règles du débat politique sont d'ailleurs formelles. « No Senator . . . shall, directly or indirectly, by any form of words, impute to another Senator or to other Senators any conduct or motive unworthy or unbecoming a Senator. » (« Nul Sénateur […] n'est en droit, soit directement, soit indirectement, par quelque parole que ce soit, d'imputer à un autre Sénateur ou à d'autres Sénateurs une conduite ou des motivations qui seraient indignes ou malséantes. »).
Pourtant, à l'instar de leur homologue britannique John Presscott, les politiques US oublient parfois leur flegme anglo-saxon. Petit florilège présidentiel !
Lyndon B. Johnson aurait ainsi déclaré à l'ambassadeur grec aux Etats-Unis "Fuck your Parliament and your constitution. American is an elephant, Cyprus is a flea. Greece is a flea. If these two fellows keep itching the elephant, they may just get whacked by the elephant's trunk, whacked for good...".
Nixon ne laissait jamais passer l'occasion d'invectiver le président chilien Salvador Allende. Il le désignait régulièrement ce sale rouge comme un "son of a bitch" ou un plus traditionnel "bastard".
George Bush n'est pas en reste. En septembre 2000, assis à la tribune à côté de Dick Cheney, il se fait surprendre, par un micro resté ouvert, en lui glissant, à propos d'un célèbre journaliste politique, « Tiens ! Voilà Adam Clymer, un connard de première division du « New York Times » ("major-league asshole").
Après les présidents, place aux vice-présidents ! En pleine campagne électorale de 2004, Dick Cheney, vice-président de Georges Bush, s'en prend au sénateur démocrate Patrick Leahy, un de ses principaux détracteurs. Le granc chasseur (grand, par ses capacités à tirer sur ses partenaires-gibiers de chasse) lui lâche d'un mythique "go fuck yourself" ("va te faire foutre"). Pour l'anecdote, en 2006, alors qu'il se rend à La Nouvelle Orléans après l'ouragan Katrina, un sinistré le prend à partie et lui assène le même "go fuck yourself".
23:16 Publié dans Qui sera le chef de la mare ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : con, sarkozy, sarko, agriculture, président
Mort aux cons, vive les connards (1)
Le week end aura été marqué par les propos de Nicolas Sarkozy au salon de l'agriculture. Aux mileux des paysans et autres sinsiers, alors qu'un badaud refusait de lui serrer la main, il laisse échapper son ressentiment :
" Casse-toi ! Casse-toi pauvre con !"
La video, vendue un vil prix par un collectif de pigistes, a fait le tour du web plus rapidement que Milton le tour de sa mare. Le site internet du quotidien parigo faisant chauffer le buzz (et promouvant par la même occasion sa nouvelle interface de présentation vidéo). Ainsi, en 24 heures, 750 000 personnes n'ayant visiblement rien à foutre de leur dimanche ont visionné la dite vidéo. Le petit Nicolas étant aux médias ce que l'OL, l'OM et le PSG sont à l'Equipe, l'information est reprise par tous, elle devient LE sujet de conversation à aborder avec ses collègues autour de la machine à café, avec ses copains dans la cour de récré, avec ses camarades militants politiques lors d'une séance de tractage pré-municipale, avec sa maîtresse sur l'oreiller.
On ne reviendra pas sur l'incarnation, ou non, de la dignité présidentielle par Nicolas Sarkozy. Milton se contrefiche en effet de son Président, comme de la première dent de sa poule Carla. On notera toutefois que la candidat umpiste avait reproché à Ségolène Royal lors du débat d'entre-deux tours de ne pas garder son calme : "Quand on veut être président, il faut savoir garder ses nerfs". On remarquera également l'extrait de ce discours prononcé par le Chef de la mare lors de la rencontre Police-Gendarmerie du 29 novembre 2007 : "vous êtes les représentants de l'Etat, vous devez avoir une éthique, vous devez être exemplaires. Et c'est très important (...), pas de tutoiement, du respect. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien qu'on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous".
Cependant, parce que dans Milton il y a Histoire (oui, oui, cherchez bien), le palmipède nous rappelle quelques situations similaires (du moins, celles que son cerveau de canard daigne se souvenir).
L'ancien maire de Neuilly a pu quémander conseil à son pote haut-de-seinois Patrick Devedjian, supris lui aussi par une caméra mal placée, alors qu'il qualifiait virilement, devant des potes, de "salope" l'ancienne députée UDF Anne-Marie Comparini. La vidéo a alors été allègrement diffusée sur le net, obligeant l'ancien élève de Pipo et d'Assas à s'excuser. Pourtant, notre ami Patrick n'est pas adepte de ces mots fleuris. En Octobre 2007 (soit quatre mois après les faits), il rappelle à l'ordre la ministre Fadela Amera, qui avait osé employer l'adjectif "dégueulasse" à propos d'une loi sur l'immigration et l'usage de tests ADN.
Nico est habitué de ce genre d'énervement. L'ancien ministre Azouz Begag raporte ainsi dans son livre un échange musclé qu'il a eu avec lui. Interpellé sur le projet de loi sur l'immigration, le ministre, défenseur de l'égalité des chances, avait cru faire un bon mot en déclarant "Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy". En fureur, le SuperFlic de l'époque lui fait part de sa colère : "Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom... Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !".
Becquetons maintenant autour de notre Ch'ti Général (non, il ne s'agit pas de N. S. mais juste du premier président de la Ve République natif du Nord). Lors d'un défilé, sur le passage de ce grand homme (par la taille, entendons nous bien), un quidam ose prononcer un infame "Mort au con". Le type, qui a donné son nom à une rue, place ou avenue de chaque ville de France, répond alors, de son flegme traditionnel, "Vaste programme".
Tertio, notre buveur de corona préféré. Alors qu'il accompagnait la dévote Bernadette à la messe de Bormes-les-mimosas, Jacquot s'est vu affublé du qualitatif "connard" par un individu. Se sentant visiblement peu concerné, il lui aurait alors répondu "Enchanté, moi c'est Jacques Chirac". Joli tour de passe-passe.
Parce que la France n'a pas le monopole des échanges fleuris entre politiques, Milton, canarchiste sans papiers, prend demain le premier charter et traverse les frontières.
00:27 Publié dans Qui sera le chef de la mare ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : con, sarkozy, sarko, agriculture, président
28.12.2007
Elle court, elle court la maladie d'amour
Dans ce concert d'ironie, seule la Stampa, le journal de Turin, ville natale de Carla Bruni et berceau de sa famille, présente la romance comme sérieuse, annoncant même le mariage prochain du couple, tout récemment formé. "M. Sarkozy a réellement demandé à Carla de l'épouser, ce n'est pas une rumeur", écrit la Stampa, citant à l'appui des propos de sa mère et des amis de famille.
Pour les autres, la "plus grande passion" de Carla Bruni sont les hommes, comme l'écrit le journal allemand Süddeutsche Zeitung (centre-gauche), pour qui la chanteuse "tombe souvent éternellement amoureuse". "Les présidents français savent tout de l'érotisme du pouvoir", ajoute le quotidien.
"Que serait une collectionneuse d'hommes sans un chef d'Etat dans sa collection?" s'interroge le Frankfurter Rundschau (gauche) tandis que le quotidien à grand tirage Bild titre en une "Sarkozy aime un top model", "super-riche, super-intelligente, super-belle" et... "13 cm plus grande" que lui.
"La fille de la Rive Gauche et le garçon de la Rive Droite: Sarkozy dévoile son nouvel amour", titre le quotidien britannique The Guardian (gauche). "Bruni va à merveille avec la politique d'ouverture" du gouvernement, ironise-t-il.
"Sarko sort avec une célèbre croqueuse d'hommes", écrit le très vénérable Times tandis que l'Independent avertit ses lecteurs: "Vous savez que vous vieillissez quand le président français sort avec l'ancienne petite amie de Mick Jagger", le chanteur des Rolling Stones.
En Suisse, la palme des "Une" sur la liaison présidentielle revient à 24 Heures, le quotidien de Lausanne: "Même en amour, Sarkozy fait vite et fort".
La Tribune de Genève énumère les précédents compagnons de Carla, n'y voyant "rien de très prometteur pour un homme qui apprécie une certaine stabilité affective". Dans le quotidien francophone "Le Temps", un dessin relate un dialogue de bistrot. L'un des personnages dit: "Sarkozy sort avec Carla Bruni", à quoi l'autre répond: "Il n'est déjà plus avec Kadhafi?"

En Espagne, El Pais (centre gauche) relève les "nécessités politiques" et "l'opportunité de faire oublier avec cette nouvelle l'humiliation infligée la semaine passée par le leader libyen Mouammar Kadhafi".
El Mundo (libéral) parle de "l'affaire" dans sa rubrique "Le zoo du 21e siècle", consacrée aux personnages insolites de l'actualité: "N'importe quel psychanaliste expérimenté tracerait un parallèle entre Carla Bruni et Cécilia", le seconde épouse du président Sarkozy, dont il avait divorcé en octobre.
Pour ABC (conservateur) "Carla Bruni succombe à l'érotisme du pouvoir". Le journal la décrit comme une "femme bionique, au regard assassin".
En Russie, les Izvestia (pro-Kremlin) relève que "Sarko est le seul célibataire qui pourra maintenant -- tout en provoquant l'envie de ses collègues, présidents et Premiers ministres-- sortir avec de belles stars des podiums sans provoquer un scandale public".
Pour le très sérieux journal officiel Rossiïskaïa Gazeta, Carla Bruni jouit d'une réputation de "Terminator".
00:10 Publié dans Le can'ard pêche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Bruni, Kadhafi
25.12.2007
Super flic ?
Et Sarkozy alors ? Il n’a rien fait pour améliorer le sort des policiers ? « Vous savez, il est beaucoup moins populaire ici que ce que l’on pourrait croire, corrige le brigadier-chef Bouchin. Il n’a pas été un mauvais ministre de l’Intérieur, mais il s’est servi de la police pour sa carrière politique. » Dans ce commissariat, on ne vénère pas le Président. Comme ailleurs, il y a les pour et les contre. Mais tous reconnaissent que son passage place Beauvau n’a pas été la révolution à laquelle il voudrait faire croire. « Surtout des effets d’annonce, concède le commissaire Le Cavorzin. Sarkozy, en fait c’est trois choses : des réductions d’effectifs, la privatisation de la police et l’instauration d’une culture du résultat. » Le reste n’est que littérature.
Pêché sur http://boulevard117.over-blog.com/article-14340239.html
12:10 Publié dans Le can'ard pêche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, police, critique